Souffrir en amour

Longtemps, j’ai recherché plus ou moins inconsciemment des relations douloureuses et destructrices, avec des mecs pas vraiment bienveillants (ceci est un euphémisme). Typiquement, je voulais des relations toutes douces et je me trouvais dans des histoires beaucoup plus masochistes (sentimentalement hein, calmez-vous). Une fois que j’avais trouvé celui qui m’a(b)imait bien correctement, je faisais tout pour qu’il reste à mes côtés, alors que le bon sens aurait dû me pousser à fuir ce type de relations. À poser des limites, à aller à la rupture, à dire non, à me défendre, à ne pas accepter l’inacceptable.

Dans le même temps, j’avais sincèrement l’impression de tout mettre en oeuvre pour m’épanouir dans mes relations amoureuses, je pensais qu’il y avait du positif là-dedans : s’il était caché, j’allais le trouver ; s’il n’existait pas, nous allions le créer. Je voulais vraiment que mes relations soient tendres, fondées sur un respect mutuel, une forme d’entraide et de dialogue. Des trucs cools quoi. Mais mes relations étaient tout sauf ça (ou très peu).
Pourquoi ? Hahaha, I wont tell you today ! Bande de petits curieux ! (Ok c’est moi qui raconte et vous n’avez rien demandé. Ok ok. Anyway, je m’arrête là.)
Tout ça pour dire : qu’est-ce que la souffrance vient faire dans une relation amoureuse ? Est-ce qu’on la fuit ? Est-ce qu’on la recherche ? Est-ce qu’il en faut ? Est-ce qu’une relation saine et heureuse ne comporte aucune forme de souffrance ? Est-ce qu’une petite dose de souffrance permet de maintenir la passion ? De faire vibrer ?

 

Est-ce que je ressens l’amour que j’ai pour toi par la douleur que tu peux me faire ressentir ?
Ont-il tort, ceux qui évitent la souffrance à tout prix dans leur relation ? Est-ce qu’ils ne visent pas une espèce d’amour si pur et ascétique qu’il est presque imperceptible ? Est-ce que c’est encore de l’amour ?
Et si la souffrance permettait de mesurer l’intensité d’une relation sur un mode bien précis, mais n’était pas le seul ? Par exemple, peut-être que j’aimerais mieux un amour intense en joie ?
Est-ce la souffrance, ou l’intensité, qui brûle ?
Parce qu’une relation me fait souffrir, devrais-je agir pour que la douleur cesse ? Est-ce que ça dépend des circonstances, de ce qui fait mal exactement ? Si mon partenaire me fait souffrir, peut-être dois-je me protéger (discussion, changement, distance, rupture) ? Ou dois-je me protéger seulement s’il le fait exprès ? Ou s’il en a conscience ?
Au sein d’un couple, doit-on lutter contre la souffrance ensemble, ou est-ce une affaire strictement personnelle, que chacun doit gérer de son côté, dans sa marmite personnelle d’émotions et de ressentis ?
Est-ce qu’on aime souffrir en amour, en masochistes insatiables ?
Est-ce la souffrance, l’amour, ou le masochisme qui pose problème ? Est-ce que ça pose vraiment problème, ou pas ? Ou est-ce ailleurs que ça coince ?

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