PARTIR – Burn-out, digital detox, yoga & coquillages en Charente-Maritime

Parfois, il faut dire stop.
Ça s’est passé seulement quelques semaines après la rentrée universitaire. Début octobre 2020.
« Asthénie sévère », pour le mot savant qui fait peur.
« Burn-out », pour le mot commun qui fait peur.

Un « mini » burn-out. Celui qui impose dix jours de repos, plutôt que les six mois nécessaires si l’on écrit pas « mini » devant. Celui qui dit, « tu vas juste te reposer assez pour repartir pour un tour avant d’imploser en vol. » Le vrai, on s’en occupera plus tard. Plus tard. Plus tard. *insérer ici le bruit d’un crash d’avion, ou d’une plume qui tombe au ralenti, au choix*

En fait, le mini burn-out, c’est celui que tu fais quand tu ne peux techniquement que prendre un mini repos. Et si ça ne suffit pas ? Si ça ne suffit pas… Ça ne suffit pas.

Concrètement : tu préviens autour de toi.
Tu réserves une chambre, loin. Par exemple, à Fouras, en Charente-Maritime. Pendant une dizaine de jours. Dans un endroit où l’on peut respirer. Où l’on voit le ciel et les étoiles la nuit. Avec des arbres. Pas de magasins. Pas trop de monde.
Tu désactives toutes les notifications. Ou même tu désinstalles les applications, si le geste soulage.

Pour être sûr, tu coupes la 4G. Et le wifi. À ceux qui comptent, tu dis d’envoyer un sms. Si jamais. Au cas où. Seulement si besoin.

Tu prépares ta valise : tapis de yoga, le strict minimum.
Pas d’ordinateur. Pas de livre qui prenne la tête.
Un carnet et un stylo, à condition de ne pas faire de longues sessions d’écriture d’une traite. Tu pars pour respirer, pas pour réfléchir.
Et la chatte, bien sûr. Ta fidèle alliée. Avec ses poils tout doux et ses ronronnements. La meilleure des cures de repos, c’est elle. Le nez contre son ventre tout chaud, tu caresseras sa petite tête et son menton pendant des heures.

Tu vas marcher. Sans masque. Sans masque, putain. De longues heures.
Tu vas respirer. À pleins poumons. L’odeur des algues, des huîtres et des moules.
Tu vas t’asseoir sur la plage. T’allonger sur le sable mouillé, avec ton imperméable jaune.
Et crapahuter dans les rochers.
Boire un chocolat chaud au café du coin, en terrasse, même s’il fait trop froid et qu’il y a du vent.
Tu vas dormir. Dormir beaucoup.
Tu vas faire du yoga. Sans tuto déniché sur internet, juste avec ton corps et ses intuitions. Tu vas écouter ton souffle plutôt que la voix artificielle de la prof de yoga qui sort des hauts-parleurs de l’ordinateur. Tu vas t’appliquer à ressentir ce qui se passe à l’intérieur. Ce que te disent tes muscles. Ce dont ton corps à besoin.

Un mini repos, pour un pas si mini burn-out. Tu en tireras le meilleur. Tu ralentiras le temps. Tu surpasseras les angoisses du silence et du vide laissé par tout internet éteint. Ça ira. Respire à fond. Encore. Plus profond. Dans chaque cellule de ton corps.

Respire.

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