PARTIR – Bruxelles – Du 8 au 11 février 2020

Tout était prévu depuis plusieurs semaines. Je devais prendre mon train à 7h25, à Saint-Lazare. Choisir cet horaire était une erreur. Je n’avais pas anticipé à quel point je serais fatiguée ce jour-là. Mes premières petites vacances depuis des mois ont commencé ainsi, par un faux-réveil. J’ai loupé mon train, et immédiatement, j’ai allumé mon ordinateur pour rechercher un nouveau billet.

Pas de trajet direct possible, j’ai donc pris un billet pour Lille à 8h46, avec ensuite une correspondance pour Bruxelles à 11h37. Après avoir échangé quelques textos avec l’ami expatrié qui avait la gentillesse de m’accueillir chez lui pour quelques jours (en gros : “tu peux te rendormir, j’arrive quatre heures plus tard que prévu, désolée, bisous”), je me suis donc dépêchée, juste assez pour presque louper mon deuxième train. Une fois dans le train pour Bruxelles (enfin !), petite frayeur en entendant dans les hauts-parleurs le conducteur nous souhaiter la bienvenue à bord en flamand. Un instant, je me suis demandée si je n’étais pas en route pour la République Tchèque ou je ne sais où.

Que retenir de ce voyage ? La malheureuse et délicieuse gaufre liégeoise (nutella, fraises, chantilly), qui m’a glissé des mains pour exploser sur le sol pavé seulement quelques secondes après que j’ai croqué la première bouchée. A peine avais-je eu le temps de confirmer à mon ami combien “elle est super bonne”.

Les dix livres achetés d’occasion au Pêle-Mêle, comme si c’était l’idée la plus raisonnable, dont cinq romans de Marguerite Duras, au grand désespoir de ce vieil homme, fasciné par les auteurs normands du XIXème siècle et manifestement désespéré que je m’en tienne au XXème et à lire une femme, même fascinée par Trouville-sur-Mer. La petite boutique Harry Potter, dans laquelle nous n’avons rien acheté (pas même la baguette de Snape, ni même les dragées-surprises de Bertie Crochue). Les quelques bières (oui, quand même), notamment celle vert fluo au citron vert, au célèbre Delirium Tremens.

L’exposition Magritte-Dali, sublime, merveilleusement organisée. Ainsi que la visite des souterrains du Palais du Coudenberg. Une Histoire si folle que celle de la place Royale, au centre du quartier de la Cour. Une place sublime, bordée de palais et de musées, mais d’autant plus extraordinaire lorsque l’on en a vu les fondations. Sur les ruines de l’ancien palais, dévasté par un incendie en 1731, la place Royale a été surélevée de sept mètres, puis un nouveau palais royal a été bâti. Il faut marcher sur les pavés de la rue Isabelle, ou se perdre dans le dédale des pierres témoignant des constructions successives au fil des siècles, pour croire à cet épisode historique… surréaliste.

Je n’oublierai pas non plus la tempête Ciara, qui m’a fouetté le visage sans discontinuer pendant quatre jours. Un vrai plaisir. C’est avec Ciara que j’ai découvert la place du Jeu de Balle et son marché aux puces quotidien, toutes sortes d’objets cassés volant dans tous les sens à cause des rafales de vent. C’est avec Ciara aussi que j’ai parcouru la ville, contemplé la vue depuis le Mont des Arts puis le Palais de justice. Sous la pluie et parfois même avec quelques rayons de soleil furtifs, j’ai vu briller les dorures de la Grande place, et observé la devanture de l’immeuble où a résidé Victor Hugo. Et quand vraiment Ciara était trop en colère, nous nous sommes réfugiés avec mon ami dans les Galeries Royales, avant que je ne me perde à nouveau dans une librairie, la si jolie librairie des Tropismes, au 11 Galerie des Princes.

Surtout, je retiendrai de ce séjour les parties de cartes joyeuses avec mon ami et son amoureux, leur accueil chaleureux, les repas et les verres partagés ensemble, les balades et les rires.

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